0:00On vient à Paris pour voir le Louvre, Montmartre, la Tour Eiffel, se promener le long de la Seine
0:06ou boire un café en terrasse. Mais derrière cette image de carte postale, Paris possède
0:12une histoire beaucoup plus sombre. La capitale a été le théâtre d'affaires criminelles,
0:19parfois tellement incroyables qu'on pourrait croire qu'elles ont été inventées pour un film.
0:30Comme d'habitude, vous avez accès à une fiche de vocabulaire gratuite pour réviser
0:37les mots que nous allons voir dans cette vidéo. Il vous suffit de vous inscrire gratuitement sur ma
0:43plateforme en ligne ecole. hellofrench. com. Vous allez voir, nous n'allons
0:49pas parler que de meurtres. On va parler d'un kidnapping avec une demande de rançon,
0:55d'une fille qui a empoisonné ses parents, d'un gang qui braquait des banques, d'une ogresse
1:02ou encore d'un médecin qui profitait de l'occupation allemande pour attirer ses victimes.
1:09Et nous terminerons par l'une des plus grandes énigmes criminelles françaises.
1:14Salut Jean, je viens de regarder une vidéo sur 10 crimes qui se sont passés à Paris et j'aimerais
1:20pratiquer mon français en en parlant avec toi. Oui, raconte-moi le crime qui t'a
1:25le plus marqué dans la vidéo. Celui qui m'a le plus marqué, c'est celui de la fille
1:31qui a empoisonné ses parents. Oui, c'est une affaire assez glaçante. Tu sais pourquoi elle
1:36les a empoisonnés ? Il y a deux hypothèses, soit pour leur voler de l'argent,
1:41soit pour se venger de son père. Oui, ces deux hypothèses changent
1:45complètement la lecture de l'affaire. Le vol paraît calculé, tandis que la vengeance suggère
1:49un conflit familial profond. Ce que je viens de vous montrer, c'est une fonctionnalité de mon cours,
1:54360 French Immersion. Je discutais avec Jean. C'est une grenouille avec laquelle vous
2:00pouvez pratiquer votre français. Vous pouvez parler avec lui de tout et de rien. Il va vous relancer
2:08et à la fin de la conversation, il va faire un bilan où il va vous
2:12indiquer les erreurs, par exemple, que vous avez commises. Aujourd'hui, si vous le souhaitez,
2:18vous pouvez discuter avec lui du thème de cette vidéo, sur les crimes. Profitez-en car vous avez
2:24sept jours d'essai gratuit. Vous pouvez tester Jean, mais également toutes les autres
2:30fonctionnalités de mon cours. En tout cas, c'est vraiment un cours
2:34qui va vous permettre de pratiquer le français de la vie de tous les jours,
2:38le français qui est vraiment parlé par les natifs en France. Je vous le répète, vous avez
2:43sept jours d'essai gratuit. Je vous mets le lien pour y accéder dans la description de la vidéo.
2:49Commençons par une histoire qui se déroule à la fin du XIXᵉ siècle. Avec une disparition,
2:56un cadavre retrouvé à plusieurs centaines de kilomètres de Paris et une mystérieuse malle.
3:10Nous sommes en juillet 1889. Paris est en pleine exposition universelle.
3:14La Tour Eiffel vient d'être inaugurée et un homme appelé Toussaint-Augustin Gouffé disparaît.
3:20Gouffé est huissier de justice à Paris. Puis, le 13 août, à Milléry, près de Lyon,
3:26un ouvrier chargé de l'entretien des routes découvre un sac avec une odeur horrible,
3:33avec une odeur insupportable. À l'intérieur se trouve le corps d'un homme.
3:39Et non loin de là, les enquêteurs, la police, retrouvent également une grande malle.
3:45Ils comprennent rapidement que le corps a probablement été transporté à l'intérieur.
3:50Mais il y a un problème. Le cadavre est dans un tel état qu'il est impossible de l'identifier.
3:57Les enquêteurs font donc appel à un célèbre médecin de l'époque, Alexandre Lacassagne.
4:03C'est l'un des pionniers de la médecine légale en France. C'est un médecin légiste.
4:09Ce sont les personnes qui analysent les cadavres des personnes qui sont décédées pour, par exemple,
4:16comprendre les causes de leur mort. Petit à petit, plusieurs indices permettent de relier
4:22ce cadavre à l'homme disparu à Paris. La victime est bien Gouffé. L'enquête se concentre
4:29alors sur deux suspects. Michel Eyraud et Gabrielle Bompard. Ils ont disparu eux aussi.
4:35Le couple a quitté la France et traversé l'Atlantique. Puis, contre toute attente,
4:40Gabrielle Bompard revient à Paris. En janvier 1890, elle se présente
4:46elle-même à la préfecture de police. Michel Eyraud, lui, continue sa fuite.
4:51Il sera finalement arrêté quelques mois plus tard à la Havane, à Cuba. Mais cette affaire va devenir
4:57célèbre pour une autre raison. Lors du procès, l'avocat de Gabrielle Bompard
5:03va affirmer qu'elle a été sous l'emprise, sous l'influence de Michel Eyraud et notamment
5:09sous son influence hypnotique. Oui, vous avez bien entendu. À la fin du XIXᵉ siècle,
5:17l'hypnose fascine le public et divise les médecins. Ça signifie qu'ils ne sont pas tous d'accord.
5:23Certains pensent qu'il est totalement impossible de pousser une personne
5:28hypnotisée au crime, à commettre un crime, et d'autres pensent que c'est tout à fait possible.
5:34Et tout à coup, le procès d'un meurtre se transforme en véritable débat scientifique.
5:40Peut-on tuer quelqu'un parce qu'une autre personne nous a hypnotisés ?
5:45La justice ne retient finalement pas cette défense, donc ça n'a pas vraiment aidé
5:49Gabrielle Bompard, qui va écoper d'une peine de 20 ans de travaux forcés.
5:54Elle est condamnée à 20 ans de travaux forcés. Michel Eyraud, quant à lui,
6:01sera condamné à mort et il sera guillotiné en 1891. Notre deuxième histoire ne
6:11concerne pas un meurtrier. Elle concerne des hommes qui, dans les années 80, transformaient
6:18des braquages en véritables spectacles. À partir de 1981, plusieurs banques parisiennes sont
6:26attaquées selon un mode opératoire très particulier. Les braqueurs arrivent en pleine journée
6:31et ils ne ressemblent absolument pas à l'image classique des gangsters. Ils portent des perruques,
6:39des fausses moustaches, des fausses barbes, des lunettes et des chapeaux.
6:44Ils peuvent être déguisés en bourgeois du XVIᵉ arrondissement et parfois de manière plus originale.
6:51Des employés de banque raconteront même avoir vu apparaître un faux
6:57rabbin ou un faux pilote de ligne. La presse trouve rapidement le surnom parfait pour cette équipe
7:03: le Gang des Postiches. Un postiche, en français, c'est un mot qu'on utilise pour parler
7:11d'une fausse chevelure, d'une perruque. On peut porter un postiche. Mais leur originalité ne
7:17s'arrête pas au déguisement. Ils ne cherchent pas simplement à récupérer l'argent qui se
7:22cache derrière les guichets. Ils veulent avoir accès aux comptes des clients privés.
7:28Ils veulent accéder aux coffres privés des clients. Dans les banques, vous avez des coffres.
7:34Une partie du groupe surveille donc les employés de la banque et les clients présents pendant
7:39que les autres descendent dans la salle des coffres et ils les ouvrent les uns après les autres.
7:45Ils récupèrent de l'argent, des bijoux, des pièces d'or ou encore des lingots.
7:49Pendant plusieurs années, ils vont multiplier les braquages, les opérations dans Paris et sa
7:56région et accumuler un butin énorme. Ils deviennent l'un des gangs les plus célèbres de France.
8:02Mais en janvier 1986, tout bascule. Lors d'un braquage dans le 16ᵉ arrondissement à Paris,
8:09la police intervient. Une fusillade éclate et un policier et l'un des braqueurs meurent.
8:15Pour les postiches, c'est le début de la fin. Et pourtant, l'histoire de leur argent
8:20va perdurer bien après la disparition du gang. Pendant leur cavale,
8:26certains membres cachent une partie de leur butin, de leur part. Notamment de l'or.
8:31Et pour cela, ils choisissent un endroit un peu particulier, un peu étonnant, un cimetière.
8:39Un cimetière, c'est là où on enterre les morts. Quelques années plus tard,
8:44l'existence de cette cachette, de ce butin, arrive aux oreilles d'un prisonnier.
8:50Et ce prisonnier s'appelle Michel Fourniret, celui qui deviendra l'un des tueurs
8:55en série les plus connus de France. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais il y a notamment
9:00un documentaire Netflix sur lui. Mais par contre, je vous conseille d'avoir
9:05le cœur et les nerfs bien accrochés. C'est un documentaire assez difficile à regarder car ça parle
9:12notamment de meurtres d'enfants. Avec l'aide de sa compagne, Monique Olivier, il va récupérer
9:18une partie de ce butin. Donc oui, l'histoire du gang des postiches commence par des braqueurs
9:24déguisés et finit par croiser celle d'un tueur en série. Même un scénariste de film aurait
9:30probablement hésité à inventer une histoire pareille. Revenons maintenant au début du XXᵉ siècle.
9:39Et cette fois-ci, le personnage central de cette histoire est une femme qui s'appelle Jeanne Weber.
9:44À l'époque, elle vit dans le quartier populaire de la Goutte d'Or, à Paris.
9:49C'est un quartier qui est assez proche de la gare du Nord. Entre 1905 et 1908, plusieurs enfants
9:56décèdent, meurent dans son entourage. Parmi eux se trouvent notamment
10:00des enfants de sa propre famille. Et un détail commence à inquiéter.
10:04Plusieurs de ces enfants étaient seuls avec Jeanne Weber peu de temps avant leur mort.
10:09Des marques sont également observées sur certains cous des enfants.
10:14La justice finit donc par s'intéresser sérieusement à elle. En 1906, Jeanne est jugée à Paris.
10:20Dans la presse, elle sera notamment surnommée l'Ogresse de la Goutte d'Or.
10:26Les ogres, dans les contes, ce sont des personnages qui dévorent, qui mangent la chair humaine
10:31et notamment celle des enfants. Un ogre, c'est le mot masculin et une ogresse, c'est le mot féminin.
10:37Elle va être jugée en 1906, mais à l'époque, la médecine légale ne permet pas d'établir clairement
10:44les causes des décès et les experts ne sont pas d'accord entre eux. Donc, faute de preuve,
10:50Jeanne Weber est acquittée, donc elle ne sera pas condamnée. Elle sort libre du tribunal,
10:55mais le problème, c'est que les morts étranges ne vont pas s'arrêter là. Après son acquittement,
11:00Jeanne quitte Paris, elle change de nom et elle va être amenée, dans le cadre de son travail,
11:06à côtoyer des enfants. Elle travaille auprès d'enfants. Et de nouvelles morts
11:10suspectes vont se produire. Puis arrive 1908. Cette fois, Jeanne Weber est découverte
11:16à côté d'un enfant qui a été étranglé. L'affaire explose de nouveau
11:22dans la presse et l'Ogresse de la Goutte d'Or devient l'une des criminelles
11:26les plus célèbres de France. Aujourd'hui, la BNF, la Bibliothèque nationale de France,
11:31la présente comme une tueuse en série à laquelle sont attribués dix meurtres d'enfants.
11:37Mais il faut souligner un élément essentiel, elle n'a jamais été condamnée pour ces dix meurtres.
11:43Après les faits de 1908, Jeanne Weber a été déclarée irresponsable en raison de son
11:50état mental et elle a été internée. Ça signifie qu'elle a été placée en hôpital psychiatrique,
11:57donc elle n'est pas allée en prison. Aujourd'hui, Jeanne Weber reste particulièrement
12:00connue sous le nom, sous le surnom plutôt, que lui avait donné la presse,
12:05donc l'Ogresse de la Goutte d'Or. Parlons maintenant du docteur Petiot
12:13et de son faux réseau d'évasion. Nous sommes à Paris en 1944 et la France
12:18est occupée par l'Allemagne nazie. Pour certaines personnes, quitter le
12:22pays est une question de vie ou de mort. Et ça, le docteur Petiot va très bien le
12:28comprendre et il va en tirer avantage. Il va en profiter. Des Juifs cherchent à échapper
12:35aux persécutions, des personnes recherchées cherchent également à fuir. Le docteur Petiot va alors
12:43proposer de les aider. Il prétend posséder un réseau clandestin capable d'organiser
12:50leur départ de France. Selon son histoire, il pourrait les aider à rejoindre l'Amérique du Sud.
12:55Évidemment, tout cela doit rester secret. Les personnes intéressées doivent
12:59venir avec leur argent et leurs biens. Les biens, c'est les choses qu'ils possèdent.
13:05Puis, elles disparaissent, mais vous vous en doutez, elles n'arrivent jamais en Amérique du Sud.
13:10Le 11 mars 1944, les voisins d'un hôtel particulier, situé au 21 rue Le Sueur,
13:17dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, remarquent quelque chose d'anormal.
13:21Une étrange fumée sort de la cheminée et une odeur insupportable se répand dans le quartier.
13:27La police et les pompiers interviennent. À l'intérieur de la propriété de Marcel Petiot,
13:32ils découvrent des restes humains. Certains ont été brûlés, d'autres
13:36ont été placés dans de la chaux. Les enquêteurs comprennent qu'ils
13:40viennent de tomber sur l'un des crimes les plus glaçants de toute l'histoire criminelle parisienne.
13:46Petiot, lui, parvient d'abord à disparaître et la suite est presque difficile à croire.
13:52Il va réapparaître sous une fausse identité après la Libération et va essayer de faire croire
13:59qu'il était un résistant. Donc, l'homme cherché pour une série de meurtres prétend avoir combattu
14:05pour la France contre l'Allemagne nazie. Il va être finalement reconnu et arrêté le 31 octobre 1944.
14:12Son procès commence en 1946 et Marcel Petiot va défendre une version complètement différente
14:18de celle des enquêteurs. Il admet avoir tué, mais uniquement des Allemands et des collabos,
14:26donc des collaborateurs, des personnes qui auraient aidé l'Allemagne nazie.
14:31Il aurait donc agi pour la résistance. Il va même revendiquer 63 meurtres.
14:37Bien sûr, vous l'avez compris, la réalité est bien moins héroïque.
14:40À l'inverse, il attirait des personnes vulnérables pour les voler.
14:44Il est jugé pour 27 assassinats et il sera finalement condamné à mort pour 24 meurtres.
14:50Le 25 mai 1946, Marcel Petiot sera guillotiné. Nous sommes désormais en août,
15:011933, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, où vit une famille tout à fait ordinaire.
15:07Le père, Baptiste Nozière, travaille pour les chemins de fer. Les chemins de fer,
15:11ce sont les trains, la SNCF. Sa femme s'appelle Germaine et ils ont une fille de 18 ans, Violette.
15:17Le 21 août, Violette donne à ses parents un médicament contenant du Véronal, un somnifère puissant.
15:24Ce qu'elle leur donne n'est pas une dose normale. Elle leur donne en grande quantité.
15:29Son père meurt et sa mère va survivre. Puis, Violette quitte l'appartement en emportant de l'argent.
15:35Pendant quelques jours, elle essaye d'échapper à la police, mais le 28 août, elle est arrêtée.
15:40L'histoire pourrait presque s'arrêter ici. Une jeune femme empoisonne ses
15:43parents pour leur voler de l'argent. Sauf que Violette va faire une déclaration qui va
15:48complètement transformer l'affaire. Elle accuse son père d'avoir abusé sexuellement d'elle
15:53pendant plusieurs années. Cette accusation est évidemment extrêmement importante dans cette affaire.
15:58Mais il faut être précis, c'est une accusation qui n'a jamais vraiment été établie judiciairement.
16:04Et la mère de Violette, quant à elle, va totalement contester l'accusation. Donc, c'est ici que la
16:11France va être divisée. Pour une partie de l'opinion publique, Violette est une jeune femme
16:18manipulatrice, menteuse et dangereuse, mais pour d'autres, c'est une victime qui s'est
16:23rebellée contre un père violent. Et d'ailleurs, un groupe va particulièrement prendre sa
16:28défense, Les surréalistes, parmi lesquels on retrouve, par exemple,
16:33André Breton, le poète Paul Éluard ou encore René Char, qui voient en elle une figure de révolte
16:39contre la famille traditionnelle et la société bourgeoise. En octobre 1934, Violette Nozière est
16:46jugée et reconnue coupable, et la sentence tombe : la peine de mort.
16:52La jeune fille n'a que 19 ans, mais elle ne sera finalement pas exécutée.
16:56Le président de la République, Albert Lebrun, va transformer sa condamnation. Et puis, sa peine va
17:02progressivement être réduite. Elle finira par sortir de prison en 1945.
17:08Elle se marie, va avoir des enfants et l'histoire va connaître un rebondissement très rare.
17:13Des années plus tard, en 1963, elle va être réhabilitée par la justice.
17:20Qu'est-ce que ça signifie exactement ? Ça ne veut évidemment pas dire
17:24que son crime n'a jamais existé. Elle a bien empoisonné ses parents et son père est mort.
17:29Ça signifie que son casier judiciaire est effacé et qu'on lui rend les droits
17:34dont la condamnation l'avait privée. Cette affaire reste assez fascinante
17:37parce qu'elle ne concerne pas uniquement un crime, mais elle raconte aussi
17:40la société française dans les années 30, avec la place des femmes, la sexualité,
17:46l'autorité des parents ou encore le pouvoir de la presse. Et la manière également dont
17:51un ou une criminelle peut être vu(e) comme un monstre par certains
17:56et comme une victime par d'autres. Nous allons désormais parler de l'affaire Steinheil, un double
18:05meurtre qui n'a jamais été élucidé. Nous sommes le 31 mai 1908.
18:10Dans une maison située dans une impasse du 15ᵉ arrondissement de Paris,
18:16deux personnes sont retrouvées mortes : le peintre Adolphe Steinheil et sa belle-mère.
18:23Mais une troisième personne est vivante : Marguerite, la femme du peintre.
18:29Elle est retrouvée attachée. Elle raconte aux enquêteurs qu'un groupe de personnes s'est introduit
18:33dans la maison durant la nuit. Selon elle, les agresseurs ont tué son
18:38mari et sa mère avant de la ligoter. Mais les policiers commencent
18:43rapidement à douter de cette histoire. Ses déclarations changent, certains détails semblent être
18:48contradictoires, donc opposés, et surtout, Marguerite Steinheil est loin d'être une inconnue.
18:55Quelques années plus tôt, elle avait entretenu une relation avec le président de la
19:00République, Félix Faure. Et elle se trouvait à l'Élysée le jour où celui-ci est mort
19:08brutalement en 1899. Vous imaginez donc l'effet sur la presse. Une ancienne maîtresse du président
19:15de la République, son mari et sa mère assassinés, elle retrouvée ligotée. Et une histoire qui change
19:22au fil des interrogatoires. C'est le fait divers parfait pour la presse.
19:26Mais cette affaire est également très intéressante dans l'histoire de police scientifique.
19:31Les enquêteurs prennent des photographies extrêmement précises.
19:34Ils révèlent de nombreuses empreintes et on utilise les techniques les plus
19:38modernes de l'époque sur cette affaire. Et pourtant, aucune preuve décisive n'apparaît.
19:45Mais Marguerite Steinheil est finalement arrêtée. En 1909, son procès devient un événement national.
19:52La presse et une partie du public sont convaincus qu'elle cache quelque chose.
19:56Mais bien sûr, une cour de justice ne doit pas condamner quelqu'un
20:00parce que son histoire paraît étrange. Elle doit condamner sur base
20:03de preuves et ces dernières manquent. Marguerite Steinheil est donc acquittée.
20:08C'est une histoire dans laquelle presque tout paraît suspect, mais où rien n'a jamais suffi
20:13pour prouver la culpabilité de la principale accusée. C'est pour ça que plus d'un siècle plus
20:20tard, c'est une histoire qui continue de fasciner. La Bande à Bonnot, les bandits
20:26qui allaient plus vite que la police. Imaginez Paris en 1911. Les voitures existent,
20:32mais ce n'est pas encore la norme. Elles restent relativement rares. Les policiers, eux, évidemment,
20:38ne disposent pas de véhicules rapides, de radio ou de toutes les technologies
20:43modernes que nous avons aujourd'hui. Et un groupe de criminels va comprendre
20:48quelque chose avant tout le monde. Une automobile peut devenir une arme extrêmement efficace
20:54pour commettre des braquages. Le 21 décembre 1911, rue Ordener, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris,
21:01des hommes attaquent des employés de la Société Générale, c'est une
21:05banque, qui transportent de l'argent. Des coups de feu sont tirés, les criminels montent
21:11dans une voiture et disparaissent. Le public découvre ceux que la presse va
21:16bientôt appeler "les bandits en auto" et deviendront plus tard beaucoup plus
21:20célèbres sous le nom La Bande à Bonnot. Jules Bonnot et ses complices appartiennent au milieu
21:25des anarchistes illégalistes. Ils rejettent la société capitaliste et justifient le vol
21:31comme une forme de révolte. Mais leurs actions sont également extrêmement violentes.
21:36Ils volent des voitures puissantes, ils attaquent, ils tirent et puis ils
21:40utilisent la vitesse de leur véhicule pour semer la police. Aujourd'hui, bien sûr,
21:45cela paraît presque banal que des bandits, que des criminels utilisent des voitures
21:50pour s'enfuir, c'est tout à fait normal. Mais en 1911, c'est une nouvelle forme de criminalité.
21:55La police doit s'adapter et le public, via la presse, suit chaque étape de cette chasse à l'homme.
22:01Jules Bonnot va devenir une sorte de célébrité criminelle. En avril 1912,
22:07la police va finir par découvrir où se cache Jules Bonnot, à Choisy-le-Roi, en banlieue parisienne.
22:13Bonnot est armé, il refuse de se rendre. La police va encercler le bâtiment.
22:18Des renforts arrivent et des centaines de curieux viennent pour observer la scène.
22:24Après plusieurs heures, les forces de l'ordre ont même utilisé des explosifs pour pouvoir entrer.
22:30Bonnot va être mortellement blessé, donc il va mourir dans l'intervention de la police.
22:36Quelques semaines plus tard, dans une autre intervention de la police, deux autres membres
22:40du groupe vont également perdre la vie. Le procès des survivants de la bande va
22:45débuter en 1913 et trois d'entre eux vont être condamnés à mort. Ils vont être guillotinés.
22:51La Bande à Bonnot n'a été active que durant une période très courte, mais elle a profondément marqué
22:59le public et l'imaginaire français, parce qu'elle amorce quelque chose
23:03de nouveau, une criminalité moderne où la technologie permet aux criminels
23:08d'aller plus vite que ceux qui les poursuivent. Nous sommes désormais le 23 janvier 1978.
23:19Il est environ 10h00 du matin. Édouard-Jean Empain quitte son domicile parisien.
23:24Le baron Empain est l'un des hommes d'affaires les plus puissants d'Europe.
23:29Son groupe industriel emploie des dizaines de milliers de personnes.
23:33Sa voiture vient à peine de quitter son domicile lorsque son chauffeur est obligé de s'arrêter,
23:39de stopper le véhicule. Une camionnette bloque la route. Des hommes armés surgissent.
23:44Ils sortent le baron de sa voiture et ils l'enlèvent. Ils le kidnappent. En quelques secondes,
23:50l'un des plus grands patrons français vient de disparaître en plein jour à Paris.
23:56L'affaire fait immédiatement la une des journaux. Qui a enlevé le baron ?
24:01Est-ce que c'est un groupe politique, des terroristes, des criminels qui veulent de l'argent ?
24:06Quelques jours plus tard, la réponse arrive : les ravisseurs demandent une rançon.
24:12Les ravisseurs, c'est les personnes qui ont kidnappé le baron. Et pour prouver à la famille Empain
24:19que le baron est bien entre leurs mains, qu'il est bien avec eux, ils leur envoient un colis.
24:26Et à l'intérieur de ce colis se trouve une lettre, mais pas seulement. Il y a également une partie
24:33de l'auriculaire gauche du baron. L'auriculaire, c'est le petit doigt.
24:39Les ravisseurs réclament également une somme gigantesque en guise de rançon.
24:44Commencent alors des semaines de négociations entre la famille, les ravisseurs et la police.
24:50Pendant ce temps, personne ne sait où se trouve Empain. Les jours passent, puis les semaines,
24:55un mois et au bout de deux mois de captivité pour le baron, une opération est finalement organisée
25:02autour de la remise de rançon. Nous sommes dans la nuit entre le 24 et le 25 mars.
25:08La police intervient sur l'autoroute au sud de Paris et l'un des ravisseurs est arrêté.
25:14Un autre va être tué au cours de l'opération. L'homme arrêté finit par demander
25:18à ses complices de libérer l'otage. Et le 26 mars 1978, après 63 jours de captivité,
25:27Édouard-Jean Empain est finalement libéré. Il est abandonné auprès d'une route
25:32et parvient, par ses propres moyens, à rejoindre la civilisation. Physiquement,
25:37il va assez bien, mais en revanche, psychologiquement, l'expérience l'a profondément transformé.
25:43Et surtout, il découvre également quelque chose de douloureux. Pendant sa disparition,
25:48son entourage professionnel a commencé à imaginer l'avenir sans lui.
25:52Il dira plus tard que cet épisode a modifié sa vision des autres et de sa propre vie.
25:58Quelques mois après sa libération, plusieurs membres du groupe responsable
26:01de son enlèvement ont été arrêtés, mais cette affaire reste l'un
26:05des kidnappings avec demande de rançon les plus célèbres de l'histoire de France.
26:12L'histoire suivante est celle de Guy Georges le tueur de l'Est parisien.
26:17Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cette affaire qui est assez connue ?
26:21Nous sommes cette fois dans les années 1990. Plusieurs jeunes femmes sont agressées dans Paris.
26:27Et les crimes ont des points communs. Mais pendant longtemps, les différents dossiers ne sont
26:31pas suffisamment rapprochés. Le criminel continue donc d'agir. Les médias vont finir par lui donner
26:36un surnom : le tueur de l'Est parisien. Entre 1991 et 1997, sept jeunes femmes sont assassinées.
26:44D'autres femmes sont agressées, mais survivent. Le problème, c'est que la police
26:48n'a toujours pas de nom. Mais une évolution scientifique est en train de changer complètement
26:53les enquêtes : l'ADN. Sur plusieurs scènes de crime, les enquêteurs disposent de traces biologiques.
27:01Les analyses montrent donc progressivement qu'un même homme est impliqué dans plusieurs affaires.
27:06Pour la première fois, la police possède une carte d'identité biologique d'un tueur
27:12sans connaître son identité réelle. Cette enquête va également montrer les
27:16limites du système français de l'époque. L'homme recherché avait déjà été condamné pour violences.
27:21La justice connaissait son nom, mais personne n'avait fait le lien entre
27:25cet homme et le profil ADN recherché. Finalement, en mars 1998, les enquêteurs
27:32identifient un suspect, Guy Georges. Une photographie récente est distribuée aux policiers.
27:36Et le 26 mars 1998, peu avant 13h00, les policiers le repèrent près de la station de métro Blanche.
27:44Il est arrêté dans l'heure et la chasse à l'homme est terminée. Mais le procès réserve
27:48une scène spectaculaire. En 2001, Guy Georges est jugé à Paris. Il nie d'abord une partie des crimes
27:55et puis, au cours du procès, il finit par reconnaître les meurtres. Le 5 avril 2001,
28:00il est condamné pour sept assassinats à la réclusion criminelle à perpétuité
28:04avec une période de sûreté de 22 ans. Là, je vous l'ai peut-être déjà dit dans d'autres vidéos,
28:09c'est assez intéressant. En France, quand on parle de perpétuité,
28:15c'est en réalité 30 ans de réclusion, donc 30 ans de prison maximum. L'affaire Guy Georges aura
28:20des conséquences importantes. Elle montre à quel point il est important de lier
28:24les affaires entre elles. Et surtout, elle illustre la puissance d'une technologie qui va devenir
28:29incontournable dans les enquêtes criminelles, l'identification par l'ADN.
28:33Une technologie qui nous conduit directement à notre dernière histoire
28:38du jour, parce que dans cette affaire, la police possédait également l'ADN du criminel.
28:43Mais il lui faudra 35 ans pour découvrir son nom. Le 5 mai 1986, une petite fille de 11
28:56ans, appelée Cécile Bloch, quitte l'appartement familial pour aller à l'école. Malheureusement,
29:01elle n'arrivera jamais en classe. Quelques heures plus tard,
29:04son corps est découvert dans le sous-sol de son immeuble parisien.
29:08Mais des témoins ont aperçu un homme et plusieurs d'entre eux décrivent
29:12notamment la peau de celui-ci qui serait marquée par des imperfections ou par des cicatrices.
29:18Les enquêteurs lui donnent alors un surnom qui va persister pendant plus de 35 ans : le Grêlé.
29:24Un portrait robot est diffusé et la police cherche cet homme partout, mais sans succès.
29:29Puis d'autres sont progressivement reliés à ce même criminel. En avril 1987,
29:34dans le quartier du Marais, à Paris, Gilles Politi et Irmgard Muller,
29:39une jeune Allemande, sont assassinés. Le même homme est également lié à plusieurs affaires
29:44d'agressions sexuelles. Les enquêteurs récupèrent son ADN, mais à l'époque, posséder l'ADN
29:49d'un criminel ne suffit pas. Il faut encore avoir quelqu'un avec qui le comparer.
29:54Et le Grêlé n'est pas dans les fichiers. Les années passent, 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans.
30:01Des générations de policiers travaillent sur cette affaire. Des centaines de pistes sont vérifiées,
30:07mais personne ne parvient à donner un nom à cet homme. Puis, une hypothèse commence à prendre
30:12de plus en plus d'importance. Lors de certains crimes, l'homme aurait adopté un comportement
30:19qui faisait penser à quelqu'un qui connaissait les méthodes de la police.
30:23Il aurait notamment réussi à rassurer certaines victimes ou certains témoins
30:28en se présentant comme une personne représentant l'autorité, faisant partie de la police.
30:34Alors, les enquêteurs se posent une question : "Et si le Grêlé avait
30:38lui-même travaillé dans les forces de l'ordre ?" En 2021, la juge d'instruction, Nathalie Turquet,
30:44décide d'explorer cette piste. D'anciens gendarmes ayant travaillé en région parisienne à l'époque,
30:50sont convoqués afin de donner leur ADN. Parmi eux se trouve un homme de 59 ans.
30:55Il s'appelle François Vérove. Ancien gendarme, puis ancien policier. Il va recevoir une convocation
31:03pour donner son ADN, mais il ne se présente pas et il va même disparaître.
31:08Sa femme va signaler son absence et le 21 septembre 2021, François Vérove est retrouvé mort
31:15dans un appartement au Grau-du-Roi, dans le sud de la France. Il s'est suicidé et avant de mourir,
31:20il a laissé une lettre à sa femme. Dans cette lettre, il reconnaît avoir commis des actes
31:24criminels dans sa jeunesse, mais il ne donne pas précisément le nom de toutes ses victimes.
31:28À ce stade, il reste donc une vérification essentielle. Les enquêteurs vont prélever son ADN
31:34et vous vous en doutez, une fois la comparaison faite, elle a bien révélé que François Vérove,
31:41donc ex-gendarme, ex-policier, était bien le Grêlé. Après 35 ans d'enquête,
31:47l'un des criminels les plus recherchés de France vient d'être identifié. Et donc, en réalité,
31:52pendant toute une période où la police recherchait l'identité du Grêlé, celui-ci faisait partie
32:00des forces de l'ordre. Mais l'histoire ne s'arrête pas complètement en 2021.
32:04Comme Vérove est mort avant d'avoir pu être interrogé, les enquêteurs ne savent
32:08pas exactement combien de crimes il a commis. Et encore aujourd'hui, de nouvelles
32:13affaires sont comparées à son parcours. Aujourd'hui, en 2026, la police continue d'enquêter
32:20sur des affaires qui pourraient lui être attribuées. Une expertise récente a d'ailleurs
32:24renforcé les soupçons concernant un crime commis en 1990. Après 35 ans, même si on sait désormais
32:31qui est le Grêlé, on ne sait toujours pas exactement tout ce qu'il a fait.
32:35Voilà, nous arrivons au bout de cette vidéo et de ces 10 histoires criminelles
32:40qui ont marqué l'histoire de Paris. J'espère que cette vidéo vous a plu,
32:44que vous avez aimé pratiquer le français avec cette thématique et que vous avez
32:49pu apprendre plus de vocabulaire grâce à ces sujets qui, malgré tout,
32:54étaient assez variés puisqu'on avait une histoire de kidnapping, une histoire d'empoisonnement,
33:00des histoires de meurtres, etc. Si vous avez aimé cette vidéo, bien sûr,
33:05mettez un "j'aime" et abonnez-vous si vous voulez continuer à pratiquer votre français avec moi.
33:10N'oubliez pas ce que je vous ai dit en début de vidéo. Vous avez sept jours d'essais gratuit
33:15sur mon cours en ligne, 360 French Immersion. Et dès aujourd'hui,
33:20vous pouvez commencer à discuter avec Jean, la grenouille qui vous accompagne dans votre pratique
33:28du français et vous pouvez discuter avec lui de ce que vous avez vu aujourd'hui,
33:32du nouveau vocabulaire que vous avez appris ou de totalement autre chose
33:37si vous voulez pratiquer votre français sur un sujet différent. Vous avez le lien de connexion
33:44en description de la vidéo et je vous dis à très vite.