Transcription
Chargement du dictionnaire…
La Joconde volée au Louvre ? Aujourd'hui, je vous raconte une histoire qui s'est passée il y a 115 ans, mais qui fait écho à une actualité récente.
Le 21 août 1911, la Joconde, le tableau le plus célèbre au monde, disparaissait. Bienvenue dans un nouvel épisode de Learn French with the News.
L'histoire du vol des bijoux au Louvre, il y a quelques semaines, vous a passionnés. Aujourd'hui, je vais donc vous raconter l'incroyable vol de Mona Lisa, de la Joconde, dans ce même musée. À la fin de cette vidéo, je vais également vous faire une mise à jour concernant le braquage qui s'est passé au mois d'octobre au Louvre.
Les cambrioleurs ont-ils été arrêtés ? Les bijoux ont-ils été retrouvés ? Certains membres du personnel du musée étaient-ils impliqués ? Ou encore des failles concernant la sécurité du musée ont-elles été détectées ? Je vous raconte tout à la fin de cette vidéo.
Bien sûr, comme d'habitude, je mets à votre disposition une fiche de vocabulaire gratuite qui reprend l'ensemble des mots que nous allons voir dans cette vidéo.
Il vous suffit de cliquer sur le lien en description. Nous sommes le 21 août 1911. Lors d'une de ses rondes, un gardien du musée remarque la disparition de la Joconde de Léonard de Vinci. Pourtant, sa disparition ne sera signalée que le lendemain. Mais pourquoi ?
Parce que l'idée que le tableau ait pu être volé lui semblait beaucoup trop folle. Il s'est donc simplement dit que l'œuvre avait été décrochée par les conservateurs du musée pour un entretien ou pour faire des photographies. Pourtant, elle avait bien disparu.
Entre la Sainte Catherine de Corrèges et l'Allégorie de Titien, il n'y a désormais qu'un trou et quatre clous au mur. C'est alors la panique et le musée est évacué.
Près de 70 inspecteurs sont alors envoyés pour passer le musée au peigne fin. Ça signifie pour fouiller entièrement le musée. Mais dans un escalier menant à la cour Visconti, on ne va retrouver que le cadre et la vitre du tableau. Le vol provoque une onde de choc.
Une enquête de grande ampleur débute et la nouvelle fait le tour du monde. En 1911, la Joconde, Mona Lisa, n'est pas encore la star incontestée qu'elle est aujourd'hui, mais elle commence tout de même à jouir d'une certaine notoriété. Elle commence à être assez connue, assez célèbre à l'époque. Durant l'investigation, durant l'enquête, le poète Guillaume Apollinaire
et le peintre Pablo Picasso, que vous connaissez très certainement, vont être interrogés et même suspectés. Le premier sera d'ailleurs emprisonné à la Santé, donc la Maison d'arrêt de Paris. Une maison d'arrêt, ce n'est pas la même chose qu'une prison. C'est un lieu où on est emprisonné de manière plus
temporaire, du 7 au 11 septembre 1911, dans ce cadre, avant d'être blanchi, avant d'être mis hors de cause. Mais pourquoi ont-ils été inquiétés dans cette affaire ?
Pour comprendre, il faut revenir à quelques années en arrière. Gery Pieret, un ami belge et secrétaire de Guillaume Apollinaire, lui propose des statuettes antiques, des statuettes phéniciennes. Ces statuettes, il les sort un peu de son chapeau.
On ne sait pas exactement où il les a trouvés, d'où elles proviennent. Ce dernier va en faire l'acquisition pour une bouchée de pain, donc pour presque rien, pour très peu d'argent. Et il va lui lui-même les revendre à son grand ami Pablo Picasso.
Le peintre s'en serait d'ailleurs inspiré pour son célèbre tableau, Les demoiselles d'Avignon. Lors du vol de la Joconde, le musée va décider de faire un inventaire global pour vérifier s'il ne manque pas d'autres pièces. Et là, surprise, ce n'est pas une œuvre qui manque, mais plus de 300 œuvres. Et évidemment, je vous le donne en mille.
Parmi les pièces volées, il y a bien sûr ces fameuses statuettes. Quand Guillaume Apollinaire découvre qu'il a recelé des pièces volées, il informe immédiatement son ami Pablo Picasso de la situation. Les deux artistes décident alors de rapporter les statuettes à la rédaction du Paris Journal. C'est un quotidien
qui n'existe plus aujourd'hui. C'est donc dans ce cadre qu'ils vont être suspectés du vol de la Joconde. L'enquête va ensuite piétiner pendant longtemps, très longtemps. Pendant plus de deux ans, la Joconde demeure introuvable, elle reste introuvable, malgré bien sûr de nombreuses fausses pistes et des spéculations des médias,
donc des hypothèses des médias. Mona Lisa va en réalité passer deux ans sous un lit dans une petite chambre parisienne à deux pas du musée. Ce lit, c'est celui de Vincenzo Peruggia, un immigré italien. Par peur de se faire attraper, de se faire prendre, il a préféré garder l'œuvre bien cachée. Au moment du vol, ce dernier était vitrier au Louvre.
Il connaissait donc très bien le musée et les horaires des différents travailleurs. C'est donc avec une très grande facilité qu'il a subtilisé l'œuvre, qu'il a volé l'œuvre, qu'il l'a dérobé. Il l'a simplement décroché du mur avant d'enlever le cadre et la vitre qu'il a abandonnée dans un escalier. Et en quelques secondes,
le tableau était sous sa blouse. Personne ne l'a vu et personne ne l'a suspecté. Enfin, jusqu'à un beau matin de décembre 1913 à Florence. De retour en Italie, il va tenter de vendre Mona Lisa à un antiquaire florentin. Ce dernier va authentifier l'œuvre, donc il va attester de l'authenticité du tableau et va immédiatement prévenir la police.
Arrêté dans sa chambre d'hôtel avec l'œuvre, Peruggia va avouer le vol. Ce vol, il prétend l'avoir commis par patriotisme afin de ramener la Joconde sur sa terre natale en Italie. Il voulait rapatrier ce trésor en Italie.
Peruggia a déclaré se sentir humilié de voir la Joconde en terre étrangère à chaque fois qu'il passait devant le tableau au Louvre. Le 4 janvier 1914, la Joconde fait finalement son retour solennel, son retour officiel au Louvre, désormais sous une surveillance renforcée. Il y a plus de sécurité autour de ce tableau.
Peruggia va être jugé en Italie et il écope d'une d'à peu près un an de prison. La justice italienne a été assez clémente et en réalité, il fera à peine sept mois de prison avant d'être libéré, de pouvoir sortir. Ironie du sort, c'est ce vol rocambolesque qui va notamment contribuer, qui va faire exploser la célébrité de ce tableau.
La médiatisation de l'affaire va attirer les foules record au Louvre pour le voir. Dans toute l'histoire de ce tableau, il s'agit d'ailleurs du seul vol réalisé avec succès.
Revenons maintenant quelques instants sur le braquage qui a eu lieu le 19 octobre 2025 au Louvre. Alors, les voleurs ont-ils été arrêtés ? Oui, en partie. Le 25 octobre, donc à peu près une semaine après le casse, après le braquage, deux hommes d'une trentaine d'années vont être arrêtés. L'un à l'aéroport de Roissy, à Paris,
alors qu'il tentait de prendre un vol pour l'étranger, l'autre à son domicile. Comment est-ce que la police les a trouvés ? Parce que leur ADN a été retrouvé sur des éléments abandonnés lors de la fuite, sur le véhicule et sur du matériel. Ils vont partiellement, en partie, reconnaître leur implication et ils sont mis en examen pour vol en bande
organisée et association de malfaiteurs. Actuellement, ils sont placés en détention provisoire. Fin octobre, début novembre, cinq autres personnes vont être interpellées.
Ils vont être placés en garde à vue et au terme, à la fin de cette garde à vue, deux personnes, une femme de 38 ans et un homme de 39 ans, vont être mis en examen pour complicité.
Les trois autres personnes vont être relâchées, donc elles vont être remises en liberté. Selon la procureure de Paris, au moins encore un complice serait en liberté au 2 novembre.
Mais ont-ils donné des indications sur le lieu où seraient les bijoux ? Malheureusement, non. À l'heure actuelle, je tourne cette vidéo, nous sommes le 4 novembre, aucun bijou n'a été retrouvé, sauf bien sûr la couronne de l'impératrice Eugénie, mais qui avait été retrouvée juste à côté du musée, mais parce qu'elle avait échappé des mains des cambrioleurs.
Il y a eu énormément de rumeurs sur les membres du du Louvre, mais à ce jour, il n'y a aucune preuve de complicité interne. Des audits concernant la sécurité du musée ont été réalisés et ils ont révélé de véritables manquements. Des journalistes du journal Libération ont pu consulter ces audits privés et des documents d'appel d'offres.
Ils ont ainsi découvert que plusieurs logiciels, importants pour la sécurité du musée, étaient très vieux, plus vraiment adaptés. De nombreuses mises à jour n'avaient pas été faites depuis de nombreuses années. Par exemple, sur certains ordinateurs, le musée utilisait encore Windows 2000, en tout cas jusqu'en 2017.
Le journal a également révélé qu'il suffisait de taper le mot de passe "Louvre" pour accéder à un serveur gérant la vidéosurveillance. Bien sûr, ce n'est pas un mot de passe très sécurisé. Voilà, c'est la fin de cette vidéo. J'espère qu'elle vous a plu.
Si c'est le cas, mettez un pouce vers le haut pour soutenir mon travail. N'oubliez pas que vous pouvez télécharger la fiche de vocabulaire.
Et si vous êtes nouveau ou nouvelle, par ici, abonnez-vous pour ne manquer aucune chance de pratiquer votre français. Je vous dis à bientôt.

