0:01Amélie Oudéa-Castéra est la personne qu'on voit le plus
0:04dans les médias en France en ce moment ou presque.
0:07Depuis sa nomination, la nouvelle ministre de l'Éducation
0:12enchaîne les polémiques et les controverses.
0:15Bienvenue dans ce nouvel épisode de Learn French with News.
0:20Aujourd'hui, nous allons parler d'Amélie Oudéa-Castéra,
0:24qui est la nouvelle ministre de l'Éducation en France
0:28depuis janvier 2024. Vous n'en avez peut-être jamais
0:32entendu parler dans les médias de votre pays. En revanche,
0:36si vous regardez des chaînes françaises,
0:39des talk-shows sur l'actualité ou encore que vous écoutez
0:43des émissions radio françaises, vous entendrez forcément parler
0:48d'elle à un moment ou un autre. Aujourd'hui,
0:50je vous explique pourquoi cette ministre fait autant parler d'elle.
0:55Dans cette vidéo, vous allez apprendre du vocabulaire
0:57sur la politique, sur l'éducation et sur les médias.
1:01D'ailleurs, n'oubliez pas que vous pouvez télécharger la fiche
1:04de vocabulaire de cette vidéo en cliquant sur le lien
1:08dans la description. Comme d'habitude, je vous demande de rester
1:12bienveillant dans les commentaires. L'objectif n'est pas de se moquer
1:16de quelqu'un, mais de progresser en français, de travailler votre
1:21français avec un fait d'actualité. Amélie Oudéa-Castéra a commencé son
1:27mandat avec un mensonge et depuis, les médias ne lui font pas
1:33de cadeaux et les journalistes enquêtent sur tous
1:37les recoins de sa vie. Revenons d'abord un peu en arrière.
1:41En mai 2022, elle est nommée ministre des Sports, des Jeux olympiques
1:47et des Jeux paralympiques. À ce poste, elle est assez discrète.
1:51Elle ne fait pas beaucoup parler d'elle.
1:53Et avant d'occuper cette fonction, elle était directrice générale de
1:59la Fédération française du tennis. Dans sa jeunesse,
2:03elle était d'ailleurs joueuse de tennis à un niveau assez élevé.
2:07Le 8 janvier 2024, Elisabeth Borne, la Première ministre, démissionne.
2:14Emmanuel Macron, le président, va alors nommer un nouveau
2:17Premier ministre, Gabriel Attal. Un remaniement ministériel.
2:23Des changements dans le gouvernement ont alors lieu.
2:28Gabriel Attal forme son gouvernement. Un remaniement,
2:32cela consiste à changer quelques portefeuilles ministériels.
2:38Donc les thématiques sur lesquelles travaillent les ministres.
2:41Des ministres vont quitter le gouvernement.
2:44Des nouveaux vont être nommés et il y en a qui vont changer de poste.
2:50Gabriel Attal annonce que ce sera un gouvernement resserré.
2:54Ça signifie qu'il y aura moins de ministres que d'habitude.
2:58C'est dans ce cadre qu'Amélie Oudéa-Castéra va se voir ajouter
3:03une fonction, celle de ministre de l'Éducation, en plus
3:08d'être ministre des Sports. Cela fait donc à peu près un mois
3:12et demi qu'elle a été nommée. Et en un mois et demi,
3:15il y a eu pas mal de polémiques et de controverses que nous
3:20allons voir maintenant. Je les ai séparées en cinq points.
3:26Premier point, une opposition entre
3:29l'école publique et l'école privée. En France, vous pouvez choisir
3:34de mettre vos enfants dans des écoles d'État, des écoles publiques
3:38ou dans des écoles privées. Dans les écoles publiques,
3:42ce sera gratuit et dans les écoles privées, vous allez devoir payer.
3:46Rapidement, les médias vont révéler que la nouvelle ministre
3:50de l'Éducation nationale, de l'éducation publique scolarise
3:56ses trois enfants dans une école privée. Certains n'y voient pas
4:00de problème, mais pour d'autres et pour certains médias,
4:04ça fait tache, en tant que ministre de l'Éducation, d'avoir ces
4:09enfants inscrits dans le privé. Faire tache, ça signifie
4:13que ce n'est pas très cohérent. Ses enfants sont scolarisés dans
4:17une école qui s'appelle Stanislas. C'est un établissement catholique,
4:23huppé, et qui est connu pour être conservateur, même
4:28très conservateur. Les médias lui ont demandé de se
4:32justifier, de justifier son choix, donc de mettre ses
4:36enfants dans le privé. Et elle va faire un discours qui ne
4:41va pas très bien passer, qui va être mal pris.
4:45Elle va déclarer : "Je vais vous dire pourquoi nous avons scolarisé
4:49nos enfants à l'école Stanislas. Notre aîné, Vincent,
4:55a commencé comme sa maman à l'école publique, celle de Littré.
4:59Et puis la frustration de ses parents, mon mari et moi,
5:03qui avons vu un paquet d'heures qui n'était pas
5:06sérieusement remplacées. Un paquet, ça signifie beaucoup.
5:10A un moment, on en a eu marre, comme des parents de milliers
5:14de familles qui ont fait un choix d'aller chercher
5:16une solution différente. On habitait rue Stanislas.
5:20Scolariser nos enfants à Stanislas était un choix de proximité.
5:25Donc elle se justifie en disant qu'elle a dû changer son enfant
5:29d'école parce qu'il y avait trop d'absences des professeurs dans
5:33l'école publique où ils étaient. Malheureusement pour elle,
5:37le journal Libération qui est un quotidien va faire des révélations.
5:44Les journalistes ont enquêté et premièrement, ils ont découvert
5:48que son fils était à l'époque en maternelle, donc il avait trois ans.
5:53Ensuite, il découvre qu'il y est resté à peine six mois,
5:57donc très peu de temps. Et enfin qu'il n'y a jamais eu
6:00d'absences non remplacées dans cette école.
6:04Et cela a notamment été confirmé par d'autres parents
6:07d'élèves de l'époque. La ministre ne va pas vraiment
6:10reconnaître avoir menti, mais elle va dire que la
6:14vérité lui donne tort. Ce qui signifie à peu près la même chose.
6:19Elle va donc se rendre dans cette école pour s'excuser publiquement
6:24auprès des enseignants, donc auprès des professeurs.
6:27Mais elle ne va pas être très bien accueillie. Elle va être sifflée,
6:32elle va être huée. Et ses propos vont surtout
6:36déclencher une polémique au niveau national sur la concurrence
6:42entre l'enseignement public, d'État, et l'enseignement privé.
6:46Et le manque de mixité sociale, c'est à dire que dans les écoles
6:50privées, il y a plus de personnes qui viennent de familles aisées
6:56et donc il y a peu de mixité sociale, donc de mélange de personnes.
7:01Des syndicats d'enseignants vont être choqués par ces propos et ils
7:06vont dénoncer une déstabilisation et un mépris de l'école publique.
7:11Un mépris, ça signifie quand on prend quelqu'un ou quelque chose
7:15de haut, on dit que quelque chose ou que quelqu'un est moins bien.
7:20Un des syndicats va même porter plainte contre elle
7:24pour diffamation sur les propos qu'elle a tenus
7:27sur l'enseignement public. La deuxième polémique est
7:33directement liée à la première. En fait, elle concerne directement
7:37l'école où elle a choisi de mettre ses enfants, Stanislas
7:42Je vous disais plus tôt que c'était une école avec des valeurs
7:44très conservatrices. D'ailleurs, les fils d'Amélie
7:49Oudéa-Castéra sont dans des classes non mixtes.
7:52Ça signifie qu'ils sont dans des classes où il y
7:54a uniquement des garçons. Les filles et les garçons ne sont
7:57pas mélangés et ça, c'est quelque chose de très rare en France.
8:01En France, il y a 0, 07 % des établissements qui
8:09proposent des classes non-mixtes. À nouveau,
8:11pour certains et certaines, ça peut sembler faire un peu tache
8:14par rapport à son rôle, aux valeurs qu'elle doit véhiculer
8:17en tant que ministre de l'Éducation, puisque le code de l'Éducation
8:22donne mission à tous les établissements, publics comme privés,
8:26de favoriser la mixité et l'égalité hommes-femmes.
8:30Suite à des premières révélations sur Stanislas qui avaient été
8:35faites par un média d'enquêtes d'investigations qui s'appelle
8:38Mediapart, une enquête administrative avait
8:41été ouverte, donc pour voir ce qui se passait véritablement
8:46dans cette école. Un rapport de 30 pages rédigé
8:49par l'Inspection générale de l'Education nationale est sorti
8:54dans les médias il y a quelques semaines. Dans ce rapport,
8:58on découvre que certaines pratiques de Stanislas, donc de l'école,
9:02sont contraires à la loi. Les cours d'enseignement
9:06de la religion catholique y sont obligatoires, ce qui n'est pas
9:09conforme par rapport à la loi. Ensuite, dans ce rapport,
9:12on découvre que dans certains cours, des intervenants ont tenu
9:16des discours homophobes, sexistes, anti-avortement ou encore
9:23des propos qui font la promotion des thérapies de conversion.
9:27Donc les thérapies de conversion, ce sont des processus controversés
9:34qui ont pour but de changer l'orientation sexuelle de quelqu'un
9:39qui serait homosexuel par exemple. On voudrait qu'il devienne
9:44hétérosexuel grâce à des thérapies. Des documents qui datent de 2011
9:48et qui étaient présents sur le site de l'école jusqu'à 2013,
9:53prouvent également que des cours homophobes sur l'homosexualité
9:57ont été donnés aux élèves. Concernant l'avortement,
10:00des livrets ont été également distribués aux élèves où il est
10:05écrit que l'avortement signifie toujours tuer volontairement
10:08une personne humaine innocente. Dans ce rapport,
10:10on voit que des propos sexistes étaient également tenus
10:14et que certains choix ou comportements de l'école
10:17ou des enseignants entretenaient les stéréotypes de genre.
10:21Donc entre les filles et les garçons. Même si Stanislas est une école
10:25privée, elle touche quand même malgré tout des subventions,
10:29de l'argent de l'État pour fonctionner. Et elle touchait notamment
10:33de l'argent de la mairie de Paris. Suite à toutes ces révélations,
10:37la mairie de Paris va immédiatement stopper ses subventions à l'école
10:42et c'était quand même des subventions qui étaient de 1,
10:453 million d'euros. Troisième controverse, à nouveau liée à cette école
10:53Stanislas, mais elle concerne un passe-droit qu'aurait eu
10:57le fils d'Amélie Oudéa-Castéra. En France, si on souhaite intégrer
11:01une grande école ou une école de commerce,
11:04on peut faire ce qui s'appelle des classes préparatoires.
11:07En général, les étudiants vont même raccourcir et dire
11:10des prépas ou une prépa. Les étudiants vont intégrer
11:14une classe préparatoire à 18 ans et elle va durer deux ans.
11:19Stanislas propose une classe préparatoire. Pour intégrer une prépa,
11:24la prépa de son choix, il faut suivre un dispositif
11:28national qui est censé laisser l'opportunité à tout le monde
11:33d'intégrer la prépa de son choix. Sauf que le 20 janvier 2024,
11:40Mediapart a révélé qu'un certain nombre d'élèves de Stanislas,
11:43dont un des fils d'Amélie Oudéa-Castéra, a bénéficié d'un passe-droit
11:50pour avoir accès à la classe préparatoire de Stanislas sans
11:55passer par ce processus national. Vous vous en doutez, ça a
11:59une nouvelle fois fait polémique. Quatrième controverse autour
12:05de la ministre de l'Éducation et elle concerne sa rémunération.
12:11Dans son précédent poste, quand elle était directrice
12:15générale de la Fédération française du tennis.
12:18Cette information ne date pas de maintenant, mais l'information
12:23et des vidéos sont ressorties au vu de toute l'actualité
12:28qui entourait la ministre. Pour être directrice générale
12:32de la Fédération française du tennis, elle touchait 500 000€ par an.
12:37Pour vous donner une idée, le salaire annuel brut moyen
12:41en France est d'à peu près 39 000€. Donc ici, on est à quasiment
12:47treize fois plus. Mais ce qui a particulièrement
12:50choqué, c'est des propos qu'elle a tenus par rapport à cette
12:54rémunération pour la justifier. Vous allez voir, elle s'exprime
12:56dans un français assez familier. Si je rapporte ma rémunération
13:01actuelle au volume d'heures que chaque semaine je m'enfourne
13:05en bossant jour, nuit et week-ends, je ne suis pas bien payée.
13:10Donc s'enfourner, c'est un mot en langage
13:15vraiment familier pour dire faire, les heures que je fais.
13:20Et bosser, ça signifie travailler. Elle va également déclarer qu'il
13:24n'y a pas d'argent du contribuable qui finit dans son salaire.
13:29Donc les contribuables, ce sont les personnes qui payent
13:32leurs impôts en France. Sauf que ce n'est pas vrai et elle
13:36va devoir démentir quelques heures plus tard, car la Fédération
13:41française du tennis touche des subventions de l'État et donc
13:46de l'argent des contribuables. Et enfin, cinquième point qui fait
13:53controverse et polémique autour de cette ministre,
13:57elle concerne le sujet de la méritocratie et de
14:00l'entre-soi des élites. Donc l'entre-soi des élites,
14:03ça signifie que les puissants restent toujours entre eux et sont
14:08un peu déconnectés de la réalité du terrain, de la réalité
14:12de la classe moyenne on peut dire. En effet,
14:15ça a été révélé dans les médias que
14:16son père est le patron de Publicis. Publicis, c'est une multinationale
14:23française dans le secteur de la publicité,
14:25donc c'est vraiment un très très gros poste, un poste très important.
14:29Il a aussi été révélé qu'elle était
14:31la nièce d'un journaliste politique très connu en France
14:33qui s'appelle Alain Duhamel. Et son mari, quant à lui,
14:37est l'ancien directeur de la Société Générale qui est
14:41une énorme banque en France. Une de ses interventions récentes
14:45qui a été filmée, illustre parfaitement cette
14:50distance qu'il peut y avoir entre les citoyens lambda,
14:55donc les personnes comme vous et moi, et ce qu'on appelle les élites.
15:01Elle rencontre des enfants d'une école publique et certains
15:05d'entre eux portent des baskets. C'est un événement assez banal.
15:11Il y a énormément d'enfants qui portent des baskets comme chaussures
15:15dans leur quotidien. Mais elle, elle semble assez étonnée et elle va
15:19faire cette remarque. Je remarque que trois d'entre
15:22vous portent des baskets. Vous en avez profité pour bouger
15:25un peu dans la cour de récré ? Et un des enfants va dire qu'il ne
15:28comprend pas, que c'est tout simplement les chaussures qu'il
15:30met tous les jours. Et le Premier ministre à côté va
15:34insister en demandant s'ils ont eu cours de sport et que c'est
15:38pour ça qu'ils portent des baskets.
15:40Donc évidemment, beaucoup de médias ou des chroniqueurs vont
15:44rigoler de cette séquence. Notamment dans l'émission Quotidien
15:48qui décrypte l'actualité de manière un peu décalée,
15:52où ils vont se moquer d'elle en disant "mon Dieu, les enfants
15:56dans le public portent des baskets. "
15:59Et d'ailleurs, ils vont également lire à l'antenne une partie
16:03du règlement de Stanislas où on comprend pourquoi elle est étonnée.
16:08C'est parce que les baskets sont interdites au quotidien
16:13dans cette école, seules les chaussures de ville
16:16en cuir sont autorisées. Les polémiques se sont donc enchaînées
16:21pour Amélie Oudéa-Castéra, et elles cristallisent énormément
16:25de tensions parmi les enseignants de l'école publique.
16:29Jeudi 1ᵉʳ février, 1 enseignant sur 5 était d'ailleurs
16:32en grève en France, à l'initiative de différents
16:36syndicats enseignants, dont certains demandent
16:39la démission de la ministre de l'Éducation.
16:43Le vendredi 2 février, sur TF1, donc une grande chaîne nationale,
16:49elle a cependant affirmé qu'elle ne comptait pas démissionner.
16:53Voilà, c'est terminé pour aujourd'hui.
16:56J'espère que cette actualité vous a plu, que vous avez pu apprendre
17:00du vocabulaire sur l'éducation, la politique, les médias au travers
17:06d'un sujet qui vous a intéressé. N'oubliez pas que vous pouvez
17:10télécharger gratuitement la fiche qui reprend le vocabulaire
17:14de cette vidéo. Si vous l'avez aimé bien sûr, mettez un j'aime.
17:18Abonnez-vous si vous n'êtes pas encore abonné pour ne manquer
17:20aucune de mes vidéos et je vous dis à bientôt.